jeudi 8 avril 2010

Le QALY, une façon innovante de mesurer les impacts des traitements

Le QALY (Quality adjusted life year) est une unité de mesure qui sert à étudier la relation « coût–utilité » au niveau de la qualité de vie d’une population précise. Cette relation est une forme d’étude coût-efficience, prenant comme unité de mesure le QALY. La différence majeure entre l’étude du « coût-efficience » et l’analyse du « coût-bénéfice », qui est le modèle le plus utilisé en science économique, est l’unité de mesure des résultats.

Ainsi, lors d’une étude coût-bénéfice, les bénéfices et les coûts sont mesurés en terme monétaire, alors que dans une étude coût efficience, l’unité de mesure est sous forme de résultat ou de ratio.
Plus précisément, l’unité de mesure QALY indique le nombre d’années de vie supplémentaires en bonne santé suite à un traitement donné. Pour calculer le QALY, il faut se baser sur un groupe de patients ou sur une étude clinique comparative afin d’être capable d’identifier le nombre d’années de vie supplémentaire qu’un traitement amène au patient. De plus, il faut ajuster le nombre d’années de vie supplémentaires pour qu’il corresponde à des années de vie en pleine santé. De ce fait, il faut utiliser des études d’analyse d’utilité pour voir comment les patients considèrent les différents niveaux de vie après avoir reçu un traitement. Ainsi, par exemple, il est possible de déterminer qu’un an dans une chaise roulante ou dans un lit vaut nécessairement moins que 1 an en bonne santé pour un même individu. Le ratio exact sera ensuite déterminé. Toutefois, il n’est pas toujours utile de faire ces études parce des ratios déjà construits existent.

Ensuite, une fois le QALY est déterminé pour les différents traitements, il faut fixer le ratio coût-efficience ou coût-utilité. Ce ratio représente simplement les coûts divisés par les extrants.

Par exemple, si le traitement A est de 10.000$ et le traitement B de 20.000$ et que le résultat en QALY est de 2 ans pour le premier traitement et 5 ans pour le deuxième, le ratio coût-utilité sera de 5000$ par année de vie pour le premier traitement et de 4000$ par année pour le deuxième traitement. De ce fait, même si le prix est plus élevé pour le deuxième traitement, il est plus profitable pour la société. En effet, une activité médicale est rentable si son coût QALY est aussi bas que possible.

D’après certaines études, le QALY est une mesure utilisée principalement aux Etats-Unis parce qu’elle permet de rationaliser le peu de moyens dont dispose le secteur des soins de santé américain. On y établit des tableaux de priorisation sur la base des calculs des coûts des maladies par années gagnées. Le QALY est toutefois au cœur de nombreuses critiques.

En effet, l’utilisation de cette méthode de mesure peut avoir de grandes conséquences au niveau de la répartition des ressources. Par exemple, bien que la dialyse sauve des vies, il n’est pas sûr qu’elle soit favorisée face d’autres traitements beaucoup moins coûteux (thérapies…).

Ainsi, La mesure par les QALY comporte de graves inconvénients. En effet, cette méthode implique que les traitements salvateurs doivent être donnés aux personnes qui, grâce au traitement, bénéficieront d’une espérance de vie plus longue, ce qui favorise les jeunes patients. En effet, les tableaux de priorité des QALY désavantages les personnes âgées puisque leur espérance de vie est inférieure à celle des jeunes. Par conséquent, elles atteignent des scores peu élevés dans les tableaux de priorité. C’est d’ailleurs ce qui a amené certains hôpitaux à n’accepter que des patients de moins de 65 ans en dialyse.

Un autre inconvénient est que dans le cas où il n’y a aucune différence entre deux patients qui nécessitent un traitement vital, mais que l’un d’eux souffre par exemple d’une affection qui diminue la qualité de sa vie, on devrait accorder la préférence à l’autre candidat. Aussi, les soins non curatifs comme les soins aux handicapés ou l’aide aux personnes atteintes du sida sont désavantagés par les QALY car ils ne permettent pas d’optimaliser le rapport entre la quantité et la qualité de la vie. Par conséquent, les QALY ont tendance à favoriser le principe d’utilité (traitements qui rapportent) au détriment du principe d’égalité (soutient aux patients ayant besoin d’aide).

Par ailleurs, les QALY soulèvent également d’autres questions à savoir comment est ce qu’on peut évaluer de manière quantitative quelque chose qui relève du domaine subjectif? Comment faire pour éviter la discrimination envers les personnes âgées ou les plus malades ?

4 commentaires:

  1. Je ne peux m'empêcher de réagir à la mise en place de cet outil aux USA, même si je sais que cela dépasse un peu du cadre de votre sujet!

    Je trouve ça tellement aberrant d'établir des tableaux de priorisation!! Tout le monde devrait avoir le droit à une chance de guérison, même si elle est plus faible que le malade d'à côté, on doit la tenter!
    Cette mesure, je trouve, ne correspond pas à la mesure de performance des hôpitaux, car cela ne reflète pas du tout la mission des hôpitaux décrite pas l'OMS...

    Emilie

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  2. Mandat 3 : Greg

    Evaluation de la performance dans les hôpitaux québécois !

    Les préoccupations et enjeux majeur du blog sont de donner aux hôpitaux québécois les meilleurs outils d’évaluation de la performance afin de diminuer les coûts de fonctionnement tout en donnant un meilleur service.
    Il est important de rappeler que les outils que l’OMS favorise sont des outils typique de contrôle de gestion déjà existant tels les budgets, la tableau de bord équilibré, le Benchmarking ainsi que d’autre techniques tel le QUALY.
    L’ensemble des contextes d’affaires tels les OBNL, le secteur public et les PME ont très souvent les mêmes outils d’évaluation de la performance. Ce qui diffère est leur utilisation. En effet, les différences majeurs vont se situer dans les attendes finals de chacune des méthodes. Les outils seront adaptés selon la mission et la vision de l’organisation. Dans le cas, d’un PME l’accent sera mis sur la rentabilité maximale étant donné que celle-ci a des actionnaires qui demandent un rendement. Tandis que les OBNLS vont mettre l’emphase sur l’atteinte des services rendus tout en maximisant les ressources disponibles dans leur réalisation. De même que le secteur public à comme premier rôle d’offrir un service de bonne qualité à l’ensemble de la collectivité tout en réduisant les pertes.
    Nous pouvons prendre l’exemple entre un hôpital privé et public. Le premier va réaliser la filtration de sa clientèle dans l’optique premier de maximiser ses profits tandis que le second va offrir des services à chacun en essayant le plus souvent de diminuer au maximum ses pertes. Il est clair que le service offert par le premier sera en lien avec les montants demandés.
    Le système Qualy sera quand à lui utilisé dans les organisations qui axe leur vision et mission sur l’être humain en général et pourrait être adopté dans les OBNL et services de soins de santé public. A l’instar des PME ou la qualité de la vie passe en arrière plan des bénéfices.


    Greg.

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  3. Je trouve votre texte sur le Qaly extrêmement intéressant….j’étais loin de m’imaginer que cela puisse exister. À priori, c’est un thème sensible effectivement tout comme tout ce qui touche à la santé des gens. Toutefois, je trouve normal que les hôpitaux veuillent rationaliser leurs prestations de services, surtout du fait que la plupart des hôpitaux sont déficitaires. Par contre, toute mesure de performance qui se focalise sur les extrants comme le suggère votre article sur le Qaly, sera difficile à appliquer. Le fait de chercher à mesurer le nombre d’années de vie supplémentaires en bonne santé après un traitement est trop subjectif pour entre dans le calcul du Qaly. Par ailleurs, cela aboutirait non seulement à des discriminations mais aussi à mettre la vie des patients à la merci des financiers de ce monde. Il faut dire que la performance financière et la santé sont deux aspects difficilement conciliables. Si on cherche à atteindre l’efficience à tout prix, cela se fera au détriment des patients. Le modèle Qaly base l’évaluation des performances sur les extrants (nombre d’années de vie supplémentaires), ce qui le rend difficilement applicable car les notions de qualité de vie, de bonne santé, sont des notions vagues, floues et qui peuvent conduire les gestionnaires uniquement préoccupés par l’aspect financier à jouer avec la vie des patients. Par contre, je pense qu’un modèle basé sur l’utilisation efficiente des intrants serait plus logique. Toutefois, ne soyons pas naïfs car l’efficience dans le domaine de la santé existe de temps en temps mais il ne faut pas la pousser trop loin ou qu’elle prenne la première place. C’est ce débat de savoir si la santé serait finalement un service comme un autre (qu’on pourrait acheter ou vendre au prix du marché) ou alors que la santé serait quelque chose de particulier qui a été au cœur de la réforme du système de santé américain. Sans vouloir parler de politique, les démocrates considèrent l’accès aux soins comme un droit alors que pour les républicains, il s’agit d’un privilège réservé à ceux qui peuvent payer. Communisme, capitalisme, un mélange des deux ou autres choses ou autre chose ? À vous de juger !!

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  4. 1- Mandat # 4: Jean-Pierre Mabushi.

    J’aimerais aborder les technologies de l’information dans le secteur médical. Je ne sais pas si vous avez la même impression que moi en pénétrant dans un hôpital. Personnellement, je suis toujours impressionné par la multitude et le haut degré de sophistication des appareils. Rien qu’en y jetant un coup d’œil et sans être un spécialiste, on comprend que la technologie s’est invitée dans le domaine médical !! Ceci est sans doute la meilleure preuve du partenariat entre l’industrie et le secteur médical. Je ne pense pas, bien que je ne soit pas un expert dans ce domaine, qu’une société d’équipement puisse développer un équipement médical avant d’avoir sonder les professionnels de la santé sur leurs besoins afin de prodiguer les meilleurs soins aux patients ! Ce serait trop risqué d’engager des coûts pour produire des équipements sans doute très coûteux, sans savoir que ça se vendra. A mon avis, il doit donc y avoir une intégration des chaines de valeurs du secteur médical et de l’industrie qui produit ces équipements. Or, cette intégration n’est possible qu’en utilisant les technologies de l’information. En parlant de l’intégration fournisseur-client, on a tendance à penser uniquement à la logistique mais cette intégration peut exister aussi dans d’autres domaines. L’autre aspect des technologies de l’informatisation que j’aimerais aborder est l’informatisation des dossiers des patients. Aujourd’hui, la majorité des informations sur les patients sont sous forme électronique. Ceci présente plusieurs avantages comme l’économie des coûts de papiers, de classeurs, la rapidité de la transmission des données entre les servi ces, les hôpitaux, etc. Toutefois, l’informatisation des données médicales pose un risque de confidentialité, comme toute autre information personnelle sauf que ce risque est accentuée par le fait que les informations médicales doivent rester personnelles. On peut se demander qui a accès à ces informations, si l’accès est protégé, etc. Ceci est difficile à vérifier car aucun gestionnaire d’hôpital ne dira qu’il y a un risque de fuite d’informations à cause des répercussions négatives sur les patients sans oublier les risques de poursuites. Les technologies de l’information présentent donc beaucoup d’avantages mais aussi d’inconvénients. Toutefois, il ne faudrait pas non plus exagérer car ce risque n’existe pas uniquement que dans le secteur médical. En fait, nous vivons dans une société fortement "electronisée" et cela constitue un sujet de préoccupation. Dans les années à venir, cette préoccupation va s’accentuer avec l’intensification de "l’electronisation"…en même temps, il faudra également s’attendre à plus "d’explications" devant les tribunaux pour fuite d’informations confidentielles !!

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