Un lien entre le modèle QALY et la problématique de mesure de la performance dans les hôpitaux québécois est très facile à faire ; est-ce que ce modèle serait le graal tant cherché nous permettant de faire le lien entre l’aspect financier et la qualité de vie ? Vous noterez que les deux aspects principaux de la mission du Ministère de la Santé et des Services Sociaux sont visés par cette méthode, soit la qualité de vie de la population et l’aspect économique.
Pour appliquer cette méthode, il faut commencer par trouver des moyens d’amenuiser ses faiblesses. Pour ce faire, on ne peut appliquer directement et unilatéralement cette méthode ; tel que mentionné plus haut, cela désavantagerait les gens âgés et les malades « chroniques ». Dans cette interrogation réside un questionnement de société, à savoir si l’on devrait tenter de guérir à tout prix ces gens pour un faible gain de qualité de vie, ou si on doit se concentrer sur les patients avec plus de « valeur ajoutée ». Ce blogue ne traitera pas de ce débat, de peur de faire exploser le serveur de notre hôte, car les idées peuvent être chaudes et les débats houleux lorsque ce sujet est abordé. Nous poserons donc l’hypothèse que l’on veut guérir tout le monde, peu importe leur état de santé ou leur âge, comme le fait actuellement notre système de santé.
Donc, le modèle QALY est applicable au modèle de santé québécois. Ce dernier, par un savant ratio, permet d’isoler un ratio important : « Coût d’une action / Années de vie de qualité gagnés ». Les détails de ce calcul sont expliqués dans l’envoi précédent.
Premièrement, nous croyons que l’application efficace de ce concept passe par l’utilisation d’un tableau de bord. Dans ce dernier, la mesure du QALY pourrait être utilisée comme indicateur, par exemple en effectuant une moyenne globale pour le tableau de bord de haut niveau, puis par type d’opération de l’hôpital. Ainsi, on peut descendre pour voir les types d’opération qui sont moins « rentable » selon ce système. L’avantage de cette mesure est qu’elle considère tout autant le qualitatif que le quantitatif, et en se comparant à des données historiques, les acteurs dans les hôpitaux qui sont évalués selon les indicateurs de performance devront trouver des moyen d’améliorer la qualité de vie moyenne des citoyens et ce, à moindre coût.
Afin d’amenuiser l’impact négatif de cette mesure pour les gens âgés et les malade chroniques, certains autres ratios devraient être observés dans le tableau de bord ; Proportion de patients traités âgés de plus de 65 ans, proportion de patients traités considérés comme malades « chroniques », etc. En exigeant le maintien d’une proportion adéquate et en l’intégrant à l’évaluation de la performance des dirigeants, on s’assure que ces groupes de population seront considérés adéquatement.
En fait, une façon encore plus juste de faire pourrait être d’intégrer le modèle QALY de manière encore plus verticale ; on pourrait isoler la mesure par type d’opération de l’hôpital (Dialyse, Orthopédie, etc.), puis par groupe de population (65 ans +, malades chroniques, etc.). Voici un exemple plus visuel de ce que l’on veut dire.
En descendant l’évaluation de la performance jusqu’à ce niveau, on s’assure que les groupes spécifiques sont bien cadrés et considérés par la direction des hôpitaux, sans discrimination due à leurs statut particulier. On obtiendrait un ration spécifique à chaque groupe de population et avec une base historique, isoler les gains de performance se ferait facilement. L’application du QALY ne peut donc se faire de façon globale, mais doit plutôt être décentralisée par type d’activité et type de population visée pour ne pas être faite au détriment de certains groupes de population.
Que pensez-vous de ce modèle ? Voyez-vous un autre moyen d’amenuiser ses faiblesses ?
Que pensez-vous de ce modèle ? Voyez-vous un autre moyen d’amenuiser ses faiblesses ?