jeudi 18 mars 2010

Finalement, les hôpitaux québecois; OBNL ou compagnie?

Suite à l’analyse des différents modèles et des multiples façons d’évaluer la performance, autant dans les OBNL que les compagnies, nous jugeons utile de faire une petite chronique « notre avis » afin de lancer la discussion sur le sujet.

Au regard de nos recherches, nous croyons que l’évaluation de la performance des hôpitaux Québécois doit s’approcher de la mesure de performance des OBNL. Un premier indice nous menant à ce constat réside dans l’énoncé de mission qu’on peut trouver sur le site du Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS) :

« Le Ministère a pour mission de maintenir, d’améliorer et de restaurer la santé et le bien-être des Québécoises et des Québécois en rendant accessibles un ensemble de services de santé et de services sociaux, intégrés et de qualité, contribuant ainsi au développement social et économique du Québec. »

La mission est donc très claire, et est orientée en priorité sur les services offerts. Selon la formulation, on peut penser que le bien être économique de la province sera une conséquence de services de qualité, et non une préoccupation directe dans les activités de l'organisation.

Vu la structure particulière et la mission très claire du Ministère, la mentalité de mesure de la performance des OBNL devrait être adoptée.

On peut cependant se poser des questions : Le Ministère devrait-il remanier sa mission, pour y intégrer un aspect d’efficacité et d’efficience dans l’utilisation des ressources? Ou bien pourrait-il se contenter d’intégrer à l’évaluation de sa performance des indicateurs mesurant sa contribution au bien-être économique de la province? Les deux options sont possibles, mais la seconde semble plus difficile à appliquer. Nous suggérons donc de modifier la mission du Ministère pour la suivante;

« Le Ministère a pour mission de maintenir, d’améliorer et de restaurer la santé et le bien-être des Québécoises et des Québécois en rendant accessibles un ensemble de services de santé et de services sociaux, intégrés et de qualité, en utilisant les ressources mises à sa disposition avec efficience et efficacité, contribuant ainsi au développement social et économique du Québec. »

Nous aimerions beaucoup avoir vos commentaires sur cet énoncé, et vos propositions pour des modifications possibles.

Ainsi, en intégrant un aspect d’efficacité à la mission de l’entreprise, il nous semble que les modèles d’évaluation de la performance des OBNL basés sur la mission seraient les plus adaptés à l’évaluation de la performance. Les outils à utiliser pour une telle évaluation seront discutés dans une prochaine chronique.

Nous vous invitons de plus à consulter un article traitant de l'évaluation de la performance dans les hôpitaux dans un contexte sans concurrence, qui se base justement sur la situation particulière du système de santé Québécois;

http://www.informaworld.com/smpp/content~db=all?content=10.1080/00036840701564384

N'hésitez pas à nous faire des commentaires, il est toujours des plus plaisant de s'entretenir avec nos lecteurs!

2 commentaires:

  1. J’appuie votre nouvelle proposition de mission pour le Ministère de la Santé et des Services Sociaux (MSSS).

    En effet, étant donné que le MSSS offre une multitude de services à la population gratuitement et que sa mission est axée sur un volet social, je crois qu’on peut effectivement le considérer comme étant un OBNL. Comme son objectif n’est pas de générer du profit, je pense que l’évaluation de la performance est essentielle afin de mesurer le degré d’efficacité et d’efficience dont fait preuve le ministère lors de la prestation des services offerts, afin de rendre des comptes auprès de ses donateurs ainsi que de ses bénéficiaires. Ses revenus étant limités, le MSSS doit effectuer une excellente gestion de ces coûts afin qu’ils ne dépassent pas ses revenus. Ce qui explique pourquoi les budgets sont de précieux outil de gestion pour les administrateurs des OBNL. Ils permettent de planifier, de contrôler et d’évaluer les revenus ainsi que les ressources disponibles. Mesurer l’efficacité du MSSS consiste à mesurer l’atteinte de l’objectif que représentent le maintien, l’amélioration et la restauration de la santé et du bien-être des Québécoises et des Québécois. L’efficience du MSSS consiste à gérer les ressources compte tenu qu’elles sont limitées. Ces indicateurs pourraient prendre la forme suivante : le nombre de patients traités dans une journée, le temps d’attente moyen d’un patient à l’urgence, le taux de réussite des opérations cardiaques d’un hôpital,…

    Il ne faut pas oublier qu’habituellement, les revenus d’un OBNL servent à financer les coûts. Cependant, étant donné sa nature gouvernementale, le MSSS n’a pas exactement les mêmes contraintes financières que les autres OBNL. En effet, il peut avoir recours à un financement supplémentaire quasi illimité par le biais des hausses de taxes et d’impôts auprès des citoyens. Je crois que cet accès à des sources de financement « inépuisables » souligne encore plus la nécessité d’appliquer des mesures d’évaluation de la performance des gestionnaires et des programmes dans les organisations gouvernementales, afin de s’assurer qu’il n’y ait pas d’abus et que les coûts fassent l’objet d’une gestion rigoureuse.

    Cependant, bien que l’intégration de mesures de performances au sein de la mission du MSSS soit une excellente idée, je crois que l’étendue des activités du ministère peut comporter des désagréments pour ce dernier. En effet, l’étendue de ses activités et le nombre phénoménal d’indicateurs risquent d’être lourds à gérer en plus de demander beaucoup de temps.

    Ne pensez-vous pas qu’une des approches qui pourrait être utilisée pour mesurer la mission soit de réduire la portée de cette dernière afin de la rendre mesurable, comme par exemple de la diviser par région géographique?

    - Christine

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  2. Bonjour Christine,

    Merci pour votre commentaire.

    Je crois cependant que la mission d'une organisation doit rester uniforme afin d'orienter la stratégie et la vision commune de celle-ci. Il est cependant possible de gérer cette mission de manière décentralisée, et je crois que c'est la solution la plus adaptée à la problématique que vous soulevez.

    En fait, le système de santé Québecois divise effectivement actuellement sa mission en divers acteurs régionaux, d'où l'existence des Agences de la Santé et des Services Sociaux (ASSS). Ces instances régionales s'occupent des établissements de régions spécifiques (Québec, Montérégie, Montréal, etc.) et gèrent un budget qu'elles dispensent selon les besoins des établissements.

    Il est donc effectivement pertinent d'isoler la performance des hôpitaux par région, car il est évident que les établissements du grand nord n'ont pas les mêmes besoins et ne peuvent pas être comparés directement aux établissements de la grande région de Montréal. De plus, la structure organisationnelle existe déjà!

    Il est cependant à noter qu'une telle séparation dans la gestion des coûts comme dans l'évaluation de la performance entraîne de très grands coûts.

    À cet effet, je vous réfère à ce récent article paru sur le site de LCN, où l'on critique les dépenses engendrées par l'existence des Agences;

    http://lcn.canoe.ca/lcn/infos/regional/archives/2010/03/20100324-144451.html

    Comme vous pouvez le constater, 363 employés uniquement pour gérer le budget de la grande région de Montréal est un très gros coût à assumer. Peut-être serait-il possible de diminuer les coûts à ce niveau tout en conservant une certaine efficacité?

    À suivre,

    Alexandre

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