lundi 15 février 2010

Les système de santé Québécois: OSBL ou compagnie?

Le système de santé québécois, à lui seul, représentait 39,87% des dépenses totales du gouvernement provincial pour l’exercice 2008-2009, pour un total astronomique de 25,5 milliards de dollars. C’est en regardant ce chiffre qu’on constate toute l’importance du choix social effectué par les québécois d’avoir un système de santé offrant analyses, traitement et hospitalisation complètement gratuitement à toute la population.

De ce choix découlent bien des questions. La première qui nous est venue à l’esprit est cette dernière; ne serait-il pas possible de faire mieux avec tout cet argent?

C’est ici que débutent les questionnements sur la performance du système de santé québécois, et plus en particulier des hôpitaux et centres de santé, ces derniers étant le contact direct des patients, et représentant la plus grosse part du gâteau des dépenses. La notion de mesure de performance dans le secteur public, et plus particulièrement celui de la santé publique, est au cœur des débats. En effet, depuis quelques années, les établissements médicaux ont besoin de faire face à la diminution des ressources, à l’augmentation des exigences de la qualité des services, à une demande croissante de transparence, et au devoir d’optimiser les ressources. Pour ces raisons, les hôpitaux canadiens ressentent le besoin de procéder à la mesure de leur performance.

De par leur financement particulier, nous sommes en droit de nous questionner sur les fondements même de notre système de santé. L’objectif est-il d’économiser de l’argent et de limiter les coûts, ou bien d’offrir le meilleur service et les meilleurs soins possible peu importe les coûts? Notre système se rapproche-t-il plus d’un OBNL, ou d’une compagnie à but lucratif? Comment définir un établissement "performant" dans ce système? Ces questions seront au cœur des débats présentés sur ce blogue.

Nous discuterons donc des différentes méthodes possibles pour évaluer la performance dans les hôpitaux québécois, des nouvelles pratiques dans le domaine, des différences entre le système québécois et les autres systèmes de santé ainsi que d'autres sujets d'actualité.

Nous vous lançons donc cette première question : Notre système de santé est-il un OBNL, ou une compagnie à but lucratif?

5 commentaires:

  1. Je crois que le système de santé québécois doit être gérer comme un OBNL car il doit être axé sur le service rendu aux membres sans ce soucier du coût. Le problème avec le système de santé québécois est que du à sa gratuité, le système se retrouve engorgé par un trop grand nombre de patient venant pour un simple rhume. La solution se retrouverait donc dans l’adoption d’un ticket modérateur permettant de réduire le nombre de patient, les ressources pourraient donc être utilisées à meilleur escient.

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  2. Je préfère ne pas me prononcer de suite sur l'aspect "OBNL ou compagnie?", car nous traiterons le sujet plus tard sur le blogue.

    Je suis en accord avec le concept de ticket modérateur, mais encore une fois, est-ce que le système de santé respecterait sa mission en implantant une telle mesure? Je sais bien qu'il serait probablement très peu coûteux, mais si quelqu'un ne peut réellement pas se payer le ticket, et n'a pas accès au système de santé pour cette raison, ne manquerait-il pas à sa mission? Si quelqu'un se rends à la clinique, sachant qu'elle attendra entre 4 et 5 heures, c'est probablement qu'elle a besoin d'être rassurée autant sur son état physique que psychologiquement.

    Je préfère ne pas m'avancer sur le sujet, mais je vous relance avec ces questionnements!

    Merci pour vos commentaires,

    Alexandre

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  3. Tu indique que le statut (reflétant la relation avec la notion de profit) est la variable dans la détermination de la notion de performance et donc le choix des indicateurs de performances. En sortant un peu du contexte québéquois que je connais très peu il existe en France un hôpital qui par certains coté ressemble plus à un hôtel (beaucoup de services non médicaux, restauration de qualité, diététicienne à disposition, personnel parlant plusieurs langues, interprète à disposition pour les formalités administratives…). Il est sans but lucratif et ne reçoit aucun fond du gouvernement (Il existe grâce au soutien de donateurs privés et au prix très élevé de ses prestations). Je pense que malgré son statut non lucratif, la particularité de son positionnement nécessite des indicateurs différents et une conception plus large de la notion de performance que pour des hôpitaux publics.

    Je ne pense pas que ce soit le seul hôpital de ce type dans le monde déviant du modèle de l’hôpital publics, allez vous traiter ces particularités ou pensez vous que la notion de rentabilité peut au contraire converger ?

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  4. Nous ne prévoyons pas traiter des activités appellées "accessoires" aux soins de santé. En effet, je peux vous affirmer que les hôpitaux québecois isolent ce type d'activité dans leurs états financiers, et qu'elles sont en fait traitées dans un second jeu d'états financiers. Nous traiterons de la partie principale, soit les soins de santé.

    Les activités accessoires sont cependant très limitées dans les hôpitaux québécois; cafétaria, parfois des services de lavage de vêtements... Ce sont généralement les plus courants.

    Nous pourrions cependant lancer une autre question; est-ce qu'il serait intéressant d'instaurer plus d'activité accessoires avec les infrastructures actuelles afin de les rentabiliser le plus possible? Ce pourrait être une autre source de financement très intéressante. Cependant, l'aspect "politique" de la chose pourrait être mal vu à mon avis.

    Pour résumer, la notion de rentabilité peut converger (l'ajout d'activité accessoires et de revenus supplémentaires étant une possibilité afin de rentabiliser les actifs), mais la notion de performance restera basée sur la partie "soins de santé" des opérations dans les hôpitaux dans le cadre de ce blogue.

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  5. Selon moi, la spécificité des services rendus par les hôpitaux implique que l’enjeu futur pour ces derniers sera de développer, eux-mêmes, des modèles de mesure de performance qui soient adaptés à leur structure s’ils souhaitent conserver une certaine marge de manœuvre dans leur stratégie. Je pense en effet que certains modèles, utilisés par les entreprises à but lucratif, ne sont pas adaptés aux hôpitaux et peuvent nuire à leur réputation. Il faut de ce fait inventer des modèles qui permettent de maitriser l’information communiquée afin de se préserver contre les événements médiatiques susceptibles de déclencher des scandales.

    Par ailleurs, il m’arrive de douter de la pertinence d’implanter les méthodes de mesure de performance dans les hôpitaux. En effet, ces derniers sont une source d’amélioration pour les hôpitaux et leur mise en place permet aux gestionnaires de mieux rendre des comptes. Toutefois, cela ne contribue pas forcement à améliorer les services rendus par l’hôpital : l’exploitation de certaines données n’est pas suffisante, il faut que celle-ci soit accompagnée d’actions.

    Enfin, l'objectif de maîtriser les couts dans les hôpitaux ne doit pas éclipser l’importance de la qualité d'accès aux soins à tout le monde (comme le fait le QALY).

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